Souveraine
- L’Europe mesure la souveraineté numérique. Pourquoi ne publie-t-elle pas les résultats ?
- Ce que la recherche académique dit aux gouvernements sur la dépendance numérique
- La fin de MS Office en vue ? L’Allemagne choisit ODF, les Pays-Bas manquent de courage.
- Que Pourrait-il Mal Se Passer ? Quand la Géopolitique Frappe Votre Cloud, RH et Compte Bancaire
- Au‑delà du marketing : mesurer la souveraineté du cloud Microsoft en Europe
- La Belgique ne peut pas se permettre que Microsoft tombe en panne : Un signal d’alarme sur la souveraineté numérique
L’Europe mesure la souveraineté numérique. Pourquoi ne publie-t-elle pas les résultats ?
Le 17 avril 2026, la Commission européenne a attribué un marché de 180 millions d’euros à quatre fournisseurs européens de cloud : Post Telecom (Luxembourg), StackIT (Allemagne), Scaleway (France), et un consortium mené par Proximus (Belgique). Il s’agissait de la première procédure d’appel d’offres où la souveraineté numérique a été explicitement mesurée et utilisée comme critère d’attribution. Pour ce faire, la Commission a développé et publié son Cadre de Souveraineté du Cloud (Cloud Sovereignty Framework) en octobre 2025, qui divise la souveraineté en huit domaines et cinq niveaux d’assurance.
Ce que la recherche académique dit aux gouvernements sur la dépendance numérique
Quelque chose est en train de changer dans le débat sur la dépendance numérique. La conversation dans le secteur public est passée des avertissements de la société civile aux rapports parlementaires, des conférences informatiques aux agendas des cabinets ministériels. Le monde académique suivait cette question avant qu’elle ne devienne une priorité politique : Paul van Vulpen a commencé à étudier la souveraineté numérique et la gouvernance informatique décentralisée à une époque où aucune des deux ne figurait vraiment à l’ordre du jour. Il a défendu sa thèse Debating Digital Dominance: Decentralized Technology Governance For Strategic Autonomy à l’Université d’Utrecht en janvier 2026.
La fin de MS Office en vue ? L’Allemagne choisit ODF, les Pays-Bas manquent de courage.
Cette contribution invitée a été reprise de LinkedIn et traduite avec l’autorisation de l’auteur.
Ce mois-ci, le gouvernement fédéral allemand a annoncé une décision remarquable dans le cadre du Deutschland-Stack : à tous les niveaux de l’État, des ministères fédéraux jusqu’aux communes, seuls deux formats de documents sont désormais autorisés. L’Open Document Format (ODF) et le PDF/UA. Les formats Microsoft courants tels que .docx (MS Word), .xlsx (MS Excel) et .pptx (MS PowerPoint) sont exclus de ce cadre.
Que Pourrait-il Mal Se Passer ? Quand la Géopolitique Frappe Votre Cloud, RH et Compte Bancaire
La Réalité de la Dépendance Numérique
Les enregistrements DNS de l’article précédent dressent un tableau clair : plus de 70% des institutions publiques belges (hôpitaux, police, écoles, défense, municipalités) s’appuient sur le cloud de Microsoft pour leurs opérations quotidiennes. Les systèmes fonctionnent sans accroc. Les salaires arrivent, les patients reçoivent des soins, les cours continuent. L’instinct de maintenir ce qui fonctionne est compréhensible.
Le défi provient de la concentration : une seule plateforme étrangère soutient des flux de travail critiques, soumise à des lois lointaines et à une gestion à distance. Fin 2025, les fournisseurs américains détenaient plus de 70% du marché européen du cloud, les alternatives locales moins de 15%. La situation de la Belgique illustre ce qui se passe lorsque les services publics s’alignent sur une seule infrastructure. Les événements récents montrent que ces dépendances comportent des conséquences réelles, mais ils éclairent également des opportunités substantielles à venir.
Au‑delà du marketing : mesurer la souveraineté du cloud Microsoft en Europe
La souveraineté numérique en Europe ne se décidera pas dans les communiqués de presse, mais dans les choix de marchés publics et dans les détails juridiques.
BeLibre a appliqué le Cadre de souveraineté du cloud de la Commission européenne à la pile cloud de Microsoft et a produit une analyse complète basée sur les niveaux SEAL couvrant les huit objectifs de souveraineté. Le focus sur Microsoft est délibéré : à plusieurs reprises, des personnes chez Microsoft ont été interrogées, mais n’ont pas répondu à la question de savoir comment leurs services se situent par rapport à ce cadre, alors qu’on estime que 90–95 % des services publics belges dépendent aujourd’hui de l’infrastructure Microsoft.
La Belgique ne peut pas se permettre que Microsoft tombe en panne : Un signal d’alarme sur la souveraineté numérique
Nous utilisons Microsoft au gouvernement belge ? Et alors, ce n’est pas un problème, non ? Ça fonctionne bien et tout le monde l’utilise. N’est-ce pas ? C’est le choix sûr, après tout. “Personne n’a jamais été licencié pour avoir choisi IBM Microsoft.”
“Hey Amérique, je pensais qu’on était amis ?” Cette question n’est plus rhétorique. Alors que les menaces tarifaires s’intensifient, que les guerres redessinent les alliances géopolitiques et que l’infrastructure numérique devient la colonne vertébrale de chaque service critique, l’Europe fait face à une vérité inconfortable : nous avons externalisé le contrôle de notre avenir numérique à une poignée d’entreprises américaines.